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Veau

Publié le 12/11/2003

Diarrhées de veau et déshydratation

Diarrhées de veaux : lutter contre la déshydratation
 

Vétérinaire praticien, Jean-Philippe Carraz-Billat explique les gestes élémentaires pour la survie d'un veau atteint de diarrhée. Une bonne prise de colostrum, l'organisation des bâtiments à l'approche de l'hiver et une hygiène rigoureuse permettent toutefois de limiter cette maladie souvent grave sur les animaux de moins de 15 jours.


Quels sont les gestes thérapeutiques que l'éleveur peut pratiquer sur un veau atteint de diarrhée ?

Les diarrhées graves interviennent dans les 15 jours après la naissance du veau. Le plus néfaste à l'animal, outre la multiplication des microbes, est sa déshydratation. C'est à ce niveau que l'éleveur a un rôle important. Dès qu'il observe les symptômes de la diarrhée chez un veau, il peut lui administrer des sachets réhydratants (ou sachets repas) par voie orale. Ces produits, indispensables dans une pharmacie de base, peuvent être employés dès les premiers symptômes. L'éleveur peut nourrir l'animal malade avec ces sachets pendant quelques jours. En élevage allaitant, il n'est pas toujours évident de séparer le veau de sa mère. Il en existe aussi que l'on peut tout à fait donner en alternance avec des repas lactés, se  mélangeant dans l'intestin avec le lait sans poser de problème. Ces traitements sont valables quand la déshydratation n'est pas trop sévère.
Quand un veau n'a plus de réflexe de tétée, que son œil commence à s'enfoncer dans son orbite, que sa peau colle, qu'il est couché, triste et abattu, l'animal est dans un état de déshydratation qui approche les 10% de son poids. Dans cet état, le veau nécessite souvent l'intervention du vétérinaire qui le perfusera par intraveineuse. La majorité des veaux qui ont la diarrhée n'atteint pas ce stade critique. Par contre, ces animaux prennent souvent du retard. Au niveau du traitement, il faut savoir que les antibiotiques ne servent à rien pour les diarrhées virales. Pour les diarrhées bactériennes, il faut se méfier car certaines souches (les colibacilles) peuvent développer des résistances aux antibiotiques. D'où l'intérêt du diagnostic et des analyses pour établir un traitement adapté à l'élevage.



Le Dr Jean-Philippe Carraz-Billat explique les gestes élémentaires pour la survie d'un veau atteint de diarrhée
















Quelles sont les mesures qui vont permettre d'éviter la propagation de la maladie au reste du troupeau ?

Il faudrait d'abord pouvoir isoler les veaux malades. Les colibacilles ou les rotavirus se multiplient très vite dans l'intestin d'un veau diarrhéique et survivent très longtemps dans l'environnement. Un veau malade ne contaminera pas ses congénères si la litière est bien nettoyée. Deux veaux malades au même endroit vont, par contre, forcément contaminer un troisième placé à côté à cause du nombre important de microbes diffusés. Dès qu'un veau commence une diarrhée, on gagne toujours à le placer dans un coin à part. En élevage allaitant, rien n'empêche d'aménager un petit boxe où la mère est isolée avec son veau malade. De la même façon, c'est toujours mieux de regrouper les veaux par quinzaine d'âge dans une saison. Pendant ses 15 premiers jours, un veau est très sujet à la diarrhée, après il devient un peu plus résistant, même s'il héberge toujours les bactéries dans son intestin. Si on mélange des nouveau-nés avec d'autres plus âgés, ces derniers vont contaminer l'environnement des plus jeunes. Ces mesures sont d'autant plus importantes au début de l'hiver où l'éleveur peut organiser ses bâtiments d'élevage avant de rentrer les animaux. Une hygiène rigoureuse est aussi toujours importante.

Quelle prévention adopter ?
Pour que les défenses du veau soient optimales, il faut qu'il soit dans un endroit bien ventilé avec une atmosphère seine, sans courant d'air et une température ambiante moyenne. Les premières défenses du veau contre les diarrhées sont transmises par le colostrum de sa mère. Mais la prise de colostrum du veau doit être très précoce. Dans les premières heures après le vêlage, l'intestin du veau est perméable aux anticorps qui passent de cette façon dans son sang et lui confère une immunité durable. Après, les parois de l'intestin se referment. La meilleure immunité du veau est transférée dans les premières heures après la mise bas. Si la vache fait son veau au milieu de la nuit, c'est une erreur de reporter la prise de colostrum au lendemain matin.
Il existe aussi des vaccins contre la diarrhée pratiquée sur les mères avant le vêlage. Les anticorps se retrouvent ensuite en quantité très abondante dans le colostrum. Cependant, ces vaccins ne sont efficaces que s'ils sont couplés avec une bonne distribution du colostrum (quantité, délai). L'hygiène du bâtiment n'est pas non plus à négliger, les anticorps pouvant malgré tout être submergés par un microbisme trop important. Cette vaccination est généralement mise en place après des analyses ayant permis d'identifier précisément les germes responsables de diarrhée dans l'élevage.


Pour ne pas contaminer les nouveau-nés, mieux vaut regrouper les veaux par quinzaine d'âge.



La journée sanitaire du GDS de l'Isère portera sur la diarrhée des veaux. Elle aura lieu le 11 décembre prochain à la salle polyvalente de La Buisse.

Le programme de la journée

C. P.