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Veau

Publié le 28/01/2011

Diarrhées des veaux: diminuer les risques

Minimiser les risques de diarrhées des veaux : quels sont les gestes sanitaires à adopter ?


Selon le GDS de l'Isère, sur 60 000 veaux qui naissent chaque année dans le département, 8 000 meurent dans le mois suivant leur naissance, dont 5 000 de diarrhées. Des mortalités qui peuvent être maîtrisées grâce à un certain nombre de gestes sanitaires à effectuer dès la naissance. Du côté de Jean-Michel Noël-Baron et de son fils Guillaume, installés ensemble au sein de l'EARL de Ternan à Gillonnay, on prend très au sérieux les soins à apporter aux jeunes bovins. Ensemble, ils ont un cheptel de 55 à 60 vaches laitières de race Montbéliarde. « Nous faisons des vêlages groupés, en principe de fin août à décembre. Tous les gestes sanitaires que nous exécutons permettent de minimiser les risques de diarrhées, de maladie, voire de mortalité », explique Jean-Michel Noël-Baron. MD, GDS Rhône-Alpes

Où trouver vos données de mortalité ?


Adressé début décembre à tous les éleveurs de la région Rhône-Alpes, le FIL Sanitaire (pour Fiche d'Information et de Liaison Sanitaire) reprend en bas de la première page une synthèse sur les mortalités des veaux au cours de la campagne de vêlages écoulée.

Si vous avez perdu ou ne retrouvez plus ce document, n'hésitez pas à en demander un double auprès de votre GDS.
Du lait en petite quantité
Pour le vêlage, ils placent la mère dans un box spécial d'une quinzaine de mètres carrés, abondamment paillé, nettoyé et systématiquement désinfecté. Une fois que le veau naît, le premier soin qui lui est apporté « après l'avoir laissé une heure à la mère pour qu'elle le lèche, c'est le colostrum », détaille Jean-Michel Noël-Baron. Ce lait, secrété en fin de gestation par la mère, est très riche en protéines, anticorps et éléments nutritifs, indispensables à l'immunisation et la croissance du nouveau-né. « On le donne au plus vite, maximum dix heures après la naissance, à raison d'1,5 voire deux litres par repas, pendant deux repas », ajoute-t-il. Ensuite, le veau est nourri avec du lait pendant 18 jours, « avec 1,5 litres de lait par repas, soit trois litres par jour. On augmente après à deux litres par repas, puis à trois litres. Le but est d'arriver à six litres par jour maximum », précise-t-il. L'éleveur incorpore ensuite des granulés pour sevrer les bêtes au bout de 70 à 80 jours. Un régime alimentaire qui lui permet de limiter les diarrhées. « C'est la quantité de lait qui joue. Plus on donne du lait, plus il y a de risques d'avoir des diarrhées, surtout en vêlage groupé », selon l'éleveur.

Autre élément important : les veaux sont placés dans des niches individuelles, avec 30 centimètres de paille, et y restent entre dix et 21 jours. « Ça évite de contaminer les autres, si l'un d'entre eux est malade », explique Guillaume Noël-Baron. Placées en extérieur, sur de l'herbe, elles sont déplacées à chaque vêlage. Le jeune éleveur signale qu'à la fin de la période de vêlage, « les niches sont lavées et désinfectées, et de la chaux vive ou un asséchant de litières avec pouvoir désinfectant sont utilisés pour nettoyer les sols. En principe, on en met deux ou trois kilos par mètre carré ». Les niches individuelles permettent aussi à l'éleveur de réaliser plus facilement les soins, comme la désinfection du cordon ombilical. Un soin important car c'est une porte d'entrée majeure des bactéries qui peuvent conduire à des maladies, voire des complications graves si elles remontent jusqu'aux organes vitaux. « Nous les désinfectons deux fois à 24 heures d'intervalles avec un produit à base d'iode. C'est aussi à cette période qu'on les identifie en posant les boucles et qu'on les déclare par internet auprès du GDS », indique-t-il.
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 Un nouvel appareil pour écorner
Toujours pendant les trois premières semaines de vie du veau, il est recommandé de procéder à l'écornage. Après avoir reçu les explications d'un technicien du GDS, Guillaume Noël-Baron le fait lui-même. « Nous écornons entre huit et quinze jours, tant que le veau est encore petit pour faciliter la contention. Avec une tondeuse pour les mamelles, on lui rase les poils autour de la corne. Après cela, on pose l'écorneur sur cette partie, il chauffe à 700 degrés et on l'applique pendant sept secondes. Ça permet de couper l'alimentation sanguine et nerveuse de la corne, pour qu'elle ne pousse plus. Il n'est pas utile d'enlever le cornillon. Ensuite, on désinfecte et l'opération est terminée », exposent le père et le fils, d'une même voix. Depuis 2009, ils ont investi dans un appareil nouvelle génération, plus rapide et minuté. « Avant, il fallait apposer le "fer" chaud à 300 degrés pendant deux minutes. Maintenant, cela va plus vite et comme c'est minuté, au bout de sept secondes, même si on laisse le fer appuyé sur le veau, il ne chauffe plus. On peut même le poser par terre, il n'y a pas de risque de mettre le feu », déclarent-ils. Des gestes qu'ils suivent scrupuleusement et qui leur permettent aujourd'hui d'affirmer : « Si l'on a un mort par an, parmi les veaux, c'est vraiment le maximum que l'on puisse avoir ».
. L.A.,
article paru dans Terre dauphinoise n°2918 du 27 janvier 2011
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