GDS de l'Isère GDS des Savoies GDS des Savoies GDS de la Loire GDS de la Drôme GDS de l'Ain GDS de l'Ardèche GDS du Rhône

Autres

Publié le 30/09/2008

Des nouveautés dans le diagnostic des maladietransmises par les insectes

Des nouveautés dans le diagnostic des maladies transmises par les insectes

La fièvre catarrhale focalise notre attention en ce moment. Mais ce n’est pas la seule maladie transmise par des insectes. Il en existe beaucoup d’autres, certaines présentes depuis longtemps dans notre région, d’autres y ayant fait leur apparition plus récemment. L’évolution du climat, mais aussi du paysage, l’augmentation de la taille des troupeaux qui conduit à valoriser différemment le parcellaire, et même les pratiques culturales sont autant de facteurs qui ont leur part de responsabilité dans ce qui est perçu comme une « émergence ».

Le diagnostic de ces « nouvelles » maladies pose souvent problème. D’une part, n’y étant pas encore ou peu habitué, nous sommes souvent déroutés. Ensuite les traitements et la prévention qui doivent s’envisager à l’échelle du troupeau ne peuvent être décidés à la légère. Enfin, dans le cas de la fièvre catarrhale, la confirmation du diagnostic est indispensable pour permettre à l’éleveur de bénéficier des aides auxquelles il a le droit.

Pour faire le point sur ces questions d’actualités, vos GDS organisent leurs prochaines journées sanitaires les 4 décembre à Voiron (Isère) et 5 décembre à La Tour de Salvagny (Rhône). Le thème sera les maladies transmises par les insectes. Venez nombreux : convivialité, informations, et débats sont au programme !

 Les prises de sang permettent de rechercher un microbe… ou bien ses traces


La prise de sang est toujours très riche d’enseignements, à condition de savoir la faire parler. On distingue deux grandes familles d’analyses : les techniques dites « directes » qui mette en évidence directement le microbe (il s’agit par exemple de la PCR), et la « sérologie » qui permet de montrer que l’animal a été en contact avec le microbe car il a développé des anticorps.

 Piroplasmose, Besnoitiose, Ehrlichiose, Fièvre Catarrhale : à chaque maladie des modalités de diagnostic bien précises


Quatre maladies se révèlent être particulièrement préoccupantes pour les éleveurs. Leurs points communs ? Pour que la maladie soit transmise, il faut l’intervention d'un insecte. Celui-ci, véritable torpille vivante téléguidée, va s’infecter au cours d’un repas sanguin, et avec le repas suivant pris sur un autre animal, assurer la transmission de la maladie… Conséquence : ces maladies explosent avec la prolifération des insectes vecteurs ou dans les régions où ceux-ci s’avèrent particulièrement nombreux.

 Sauf cas exceptionnel, la piroplasmose est diagnostiquée et soignée directement

 
La piroplasmose est le plus souvent facile à diagnostiquer : la présence récente de tiques, la fièvre, l’abattement, et surtout des urines très sombres sont les principaux signes qui incitent le vétérinaire à mettre en place un traitement spécifique. Si le diagnostic est bon et que le cas a été pris suffisamment tôt, la guérison est rapide. Parfois il subsiste un doute ou une confusion possible avec une intoxication ou une infection rénale. Dans ce cas, une prise d’une goutte de sang sur l’animal malade permet de confirmer ou d’infirmer : les piroplasmes sont directement visibles au microscope dans les globules rouges.
 
 En cas de suspicion de fièvre catarrhale, la procédure est réglementée


Même si on est sur de son coup, avec la fièvre catarrhale ovine (FCO), la procédure est réglementée : c’est une maladie à déclaration obligatoire et toute « omission volontaire » est sanctionnée. Encore faut-il savoir que déclarer, quand et comment ?

La suspicion de FCO doit être formulée par le vétérinaire. Il suit alors à la lettre les instructions de la DDSV. Le diagnostic (déplacement, visite, prise de sang et analyse) sont prises en charge directement par l’Etat. Seuls les soins aux animaux malades et les autres recherches restent à charge du propriétaire des animaux.

Pour une exploitation où un cas de FCO a déjà été confirmé, le vétérinaire ne doit plus faire de suspicions car l’élevage est déjà classé comme atteint. De toute façon, les soins aux animaux malades sont « symptomatiques » pour les aider à passer le cap : anti-inflammatoires, diurétiques, anti-biotiques pour éviter les surinfections, vitamines et oligo-éléments, etc.

 Ehrlichiose : face à une chute de lait ou des symptômes respiratoires inexpliqués, y penser avant qu’il ne soit trop tard pour poser le diagnostic


Avec l’ehrlichiose, les choses se compliquent. La maladie entraîne des pertes de production, des avortements, de la fièvre, de la toux… bref, autant de signes pas très caractéristiques, sauf qu’ils surviennent généralement peu de temps après la mise à l’herbe où l’utilisation d’une nouvelle parcelle. La maladie peut être confondue avec un épisode de bronchite vermineuse, sauf que cette fois-ci les symptômes ne disparaissent pas après une vermifugation. Mais la bactérie n’est détectable dans le sang des animaux qu’au cours des 15 – 20 premiers jours de l’infection. Passé 3 semaines de maladie, ce sont les anticorps qu’il faut rechercher. Mais dans le cas de l’ehrlichiose ils ne persistent pas bien longtemps : 4 mois environ.

A ce jour l’ehrlichiose a été déjà largement identifiée dans le Rhône et l’Isère grâce à des enquêtes. Mais la période au cours de la laquelle le diagnostic peut être posé facilement est finalement très court. Aussi faut-il savoir y penser à temps !

 Besnoitiose : le laboratoire permet de confirmer la présence de l’infection, étape indispensable pour prendre les mesures destinées a empêcher sa propagation


Plusieurs foyers de besnoitiose sont apparus en Rhône-Alpes et PACA au cours de ces dernières années. Il s’agit d’une coccidie qui parasite la peau. La transmission se fait par des piqûres profondes, comme celles des taons. Autant dire que la besnoitiose peut se propager très rapidement dans une région d’élevage si les conditions sont favorables à la pullulation des tabanidés. Le diagnostic, surtout dans les premiers stades, n’est pas du tout évident : l’animal semble atteint d’une « lymphagite » et son cuir est très douloureux. C’est l’examen d’un échantillon de peau au microscope par une technique de laboratoire appellée « histologie » qui va permettre de poser le diagnostic en visualisant directement le parasite. La maladie confirmée, le malade et les animaux porteurs devront être isolés, confinés et abattus sitôt le temps d’attente des traitements passés. En effet, les animaux atteints restent porteurs à vie de la besnoitiose et s’ils sont conservés en vie, ils contamineront les autres animaux du troupeau et des élevages alentours.

MD