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Prévention et traitement de la Fasciolose ou Grande Douve (fasciola hepatica)

La Grande Douve ou fasciolose

La grande douve fasciola hepatica est un parasite de grande dimension (2 x 3 cm²) qui infeste les gros canaux biliaires et parfois même la vésicule des ruminants. Ses hôtes de prédilection sont les ovins puis les bovins. Mais il arrive également que les équidés, les porcins, les lièvres et même l'homme soient atteints.

Sur ce sujet, nous vous recommandons de lire :
Cycle de la Grande Douve

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La limnée tronquée est l'hôte intermédiaire de la grande douve. Elle est même indispensable à son cycle de développement. Connaître ses gîtes permet d'organiser une prévention raisonnée de la fasciolose sur son exploitation.

Les limnées sont de petits gastéropodes (mollusques) d'environ 1 cm à l'état adulte. Pendant leur période d'activité on peut les trouver sur le sol au bord de l'eau ou sous une petite épaisseur d'eau dans une zone bien éclairée. Durant l'hiver, les limnées vivent au ralenti. En période sèche elles peuvent s'enfoncer dans le sol ou se protéger sous les plantes. Enfin, les limnées apprécient particulièrement les sols calcaires.
Quels sont les conséquences d'une infestation par la grande douve ?

Le foie intervient
dans la fabrication des sucres, des protéines, des graisses,  dans le stockage de certains éléments (vitamine A en particulier) 
La douve provoque:
  • un obstacle à l'écoulement de bile
  • des prélèvements de substances nutritives
  • une destruction du tissu du foie
  • des altérations de la circulation
Il y une baisse de rendement très nette de l'alimentation de la vache
D'une façon générale,
  • la vache est moins résistante aux maladies,
  • le veau nouveau-né sera également moins résistant
  • la vache produit moins de lait que ce qui est permis normalement par l'alimentation et son potentiel génétique
  • il y a probablement diminution de la fabrication des protéines et donc des anticorps du colostrim en particulier
  • du fait de la baisse de la qualité du colostrum le veau sera moins bien protégé
Comment estimer le risque de douve ?

La présence de pâtures et zones humides sur l'exploitation est un facteur important de présence de douve. Pour ceci il convient de repérer :
 les zones humides,
 les petits fossés ou petites rétentions d'eau,
 les zones de pietinement notamment autour des abrevoirs et sur les lieux de passage des animaux.
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Astuce : Utilisez votre plan d'épandage pour estimer le risque douve.

Plus : Avec Parcitel et Bovitel, localisez sur un même outil les zones de paturage de vos animaux, leur vue aérienne.
Encore plus :
Parasit'Info, le logiciel des GDS vous permet de déterminer le risque parasitaire de vos parcelles en fonction des animaux, des analyses et des observations météos des dernières années.

Comment savoir s'il y a de la douve sur l'exploitation ?
Par le retour d'information de l'abattoir qui vous informe que les foies d'animaux de votre exploitation ont été saisis pour douve. Toutefois la saisie pour "foie douvé" peut correspondre à une saisie pour des lésions anciennes de cholangite.
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En faisant une coproscopie à la fin de l'automne. Il s'agit de faire examiner au laboratoire les bouses d'au moins 5 bovins par catégorie (par exemple 5 vaches, 5 génisses de deuxième année, 5 génisses de première année). Attention à ne pas faire de mélanges.
Par des analyses ELISA douve sur le lait ou sur le sang, toujours à la fin de l'automne. S'il s'agit de prises de sang, il faut prélever là encore au minimum 5 bovins.
Les traitements

En cas de diagnostic de présence de la douve, il faut traiter. La stratégie peut alors consister :
  •  soit à traiter toutes les catégories d'animaux à un moment unique,
  •  soit dans quelques situation où l'on maîtrise parfaitement l'organisation du pâturage et que les zones contaminantes sont bien identifiées, ne traiter que les animaux revenant d'une parcelle à risque tout en veillant à respecter un délai suffisant pour permettre au produit utilisé d'être suffisamment efficace.

Les douves sont détruites par certaines substances appelées pour cette raison douvicides.

Certains douvicides ne détruisent que les douves adultes. C'est la raison pour laquelle il ne faudrait les administrer que 6 semaines après la dernière contamination, c'est à dire souvent en pratique, 6 semaines après la rentrée à l'étable.
. exemples de produits :  Oxyclonazide (Zanil),  Albendazole (Valbazen),  Closantel (Flukiver),  Chlorsulon (Ivomec D et génériques dérivés),  Nitroxynil (Dovenix)

Un seul produit est actif sur les douves immatures et peut être administré dès deux semaines après la contamination. . exemples de produits :  Triclabendazole (Fascinex et génériques)

Sur les vaches en lactation, on ne peut employer que des produits ne laissant pas de résidus dans le lait, c'est à dire l'oxyclozanide (Zanil). Pour les autres produits, le respect indispensable du délai d'attente pour le lait permet uniquement de traiter les vaches laitières au moment du tarissement.

Attention : 
Les traitements indiqués ci-contre et les posologies ne sont en aucun cas ni une recommandation, ni une incitation à l'utilisation de ces produits. En tout état de cause, référez vous à votre vétérinaire traitant pour établir un diagnostic et vous proposer un traitement et un protocole de prévention adapté à votre élevage.
La prévention
Il convient de se rapeler que la lymnée est indispensable à la réalisation du cycle de la douve. Par conséquent, les interventions pourront consister à :
  • condamner les endroits marécageux qui sont en général peu productifs,
  • condamner les bords des ruisseaux effondrés ou piétinés ou bien à entretenir leurs berges pour que l'eau circule,
  • dans certaines situations, le drainage peut être une bonne solution à condition que l'opération soit économiquement rentable.
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200712gdsinfo.pdf