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Publié le 26/04/2002

Bilan de l'épizootie de Fièvre Aphteuse en 2001

24/04/2002 L'épizootie de Fièvre Aphteuse en 2001 - le bilan
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Lire également le rapport du Sénat

 
Parmi les maladies animales, la Fièvre Aphteuse (FA) n’est sans doute pas la plus dangereuse en terme de symptômes. Elle ne présente pas non plus de danger pour l’homme. Mais le virus de la FA est extrêmement contagieux : un porc infecté peut contaminer 70 000 bovins par minute. La maladie se propage rapidement et a des conséquences économiques considérables.

Dans l’objectif de la création d’un marché unique, les pays d’Europe s’étaient entendus en 1991 pour adopter une politique commune de gestion de la FA, passant par la non-vaccination des animaux pour que chaque état membre puisse accéder au statut de pays indemne de FA.
Malheureusement, en entrant dans le 3ème millénaire, la FA fait un retour en force en Europe au travers d’une crise sans précédent renvoyant l’Union Européenne à ses craintes les plus viscérales face à une telle épizootie.


Le virus s’installe en Angleterre

Le 20 février le Royaume-Uni déclare son premier foyer de F A, le virus est isolé à partir de lésions découvertes dans un abattoir près de Londres sur un lot de 27 porcs.
Dès lors la recherche du site où le virus s’est multiplié pour la 1ère fois, le foyer primaire, est lancée.
3 jours et 3 foyers après, il est découvert : il s’agit d’un élevage de porcs naisseur-engraisseur, près de Newcastle, à plusieurs centaines de kms du premier foyer découvert. Le virus est arrivé probablement par l’alimentation car ces porcs sont nourris à partir d’eaux grasses (déchets de restauration recyclés dans l‘alimentation animale). L’origine de la contamination restera probablement inconnue (plateaux repas de compagnies aériennes, restaurants asiatiques...).
La datation des lésions observées indique que le virus circule dans l’élevage depuis 3 semaines.

Le rôle des ovins dans la dispersion initiale de la maladie explique que le principal risque d’introduction du virus dans une exploitation est l’introduction d’animaux vivants (64% des foyers le sont devenus suite à une intro). Cette notion est une des caractéristiques de cette épizootie de FA.

Tableau 1 : origine de l’infection des 203 premiers foyers britanniques.

Origine de la contamination
Introduction
d’animaux
Aérosol
Elevages
côte à côte
Vecteur passif
(camion, personne…)
Inconnue
Nombre de foyers
131
3
27
8
37



L’épizootie se développe et touche l’Europe continentale

Il aura donc fallu plus de 15 jours aux autorités britanniques pour découvrire la présence du virus. Ce retard va leur être fatal : le déplacement d’ovins infectés engendre un développement brutal et massif. Ils doivent faire face dès le début à de nombreux foyers dans tout le pays et, dans un 1er temps, malgré leurs efforts, le nombre de foyers découverts par jour ne cesse d’augmenter (cf. graphique1). Ceci montre bien que la lutte contre la FA ne peut tolérer le moindre retard dans la mise en place des actions sanitaires.

Ce retard est aggravé par l’insuffisance de moyens nécessaires à la gestion sanitaire des foyers. Le délai entre la suspicion clinique et le début de l’abattage du cheptel s’étend parfois jusqu’à 5 jours.

Graphique 1: évolution du nombre de foyers déclarés par jour au Royaume-Uni.



Durant cette période du début de février, des ovins sont exportés vers l’Europe, notamment pour la célébration de l’Aïd El Kabîr. Vu l’évolution désastreuse de la situation au Royaume-Uni, l’Europe généralise les abattages préventifs d’ovins britanniques. Rapidement les animaux qui ont côtoyé ces ovins sont inclus dans ces abattages.
Malgré cela, l’Irlande, puis la France et les Pays-Bas basculent dans l’épizootie de FA.


Des stratégies de lutte différentes

Le Royaume-Uni (R.U)

Au début débordé, le R.U réussit progressivement à reprendre le contrôle de la situation. 3 raisons :
1.        Le virus ne bénéficie plus de l’effet de surprise.
2.        A partir d’avril, volonté politique d’appliquer des mesures sanitaires plus strictes: abattage de tous les animaux des foyers dans les 24 H suivant la déclaration d’infection, et de tous les animaux des cheptels en lien épidémiologique avec un foyer ou à moins de 3 Km d’un foyer dans les 48 H suivant la déclaration d’infection.
3.        Mise à disposition de moyens humains : prêts de personnels vétérinaires d’autres pays, utilisation de l’armée…..

C’est pourquoi, dès le début du mois d’avril, le nombre de foyers découverts chaque jour diminue progressivement (graphique 1). Néanmoins, ces mesures ne permettent pas l’éradication totale de la maladie puisque au jour où ces lignes sont écrites des foyers éclatent encore régulièrement.

La France et la République d’Irlande

Ces pays appliquent des abattages préventifs : les animaux originaires d’un pays infecté et importés récemment, les animaux autochtones qui ont été à leur contact sont détruits, avec ou sans symptômes : on ne coure plus après le virus mais on le précède. Les foyers se limitent à 2 en France et à un seul foyer en République d’Irlande.

Malheureusement en raison du volume des échanges, le nombre d’animaux à abattre est considérable. La France importe durant ces périodes, 31477 ovins britanniques, 15787 animaux hollandais et 1254 animaux irlandais. Avec les animaux français contacts, plusieurs dizaines de milliers de cadavres doivent être détruits au plus vite.
Il faut noter que cette politique ne s’inscrit pas dans le cadre prévu il y a dix ans qui fixait une politique d’intervention sur foyer. Les conditions ayant changé, il était nécessaire d’adapter ce dispositif par des abattages préventifs.

Les Pays-Bas

Les autorités hollandaises décident d’une toute autre gestion de la maladie. Le refus parfois violent des mesures de police sanitaire par une partie des éleveurs et de l’opinion publique empêche la mise en place des abattages dans et autour des foyers. Pour limiter les conséquences de ce retard, mais aussi pour donner un signe politique fort, les autorités hollandaises vaccinent tous les animaux dans un rayon de 2 kilomètres autour des foyers. Tous les animaux sont vaccinés en mars et avril puis détruits en mai afin de permettre aux Pays-Bas de récupérer un statut de zone indemne de FA sans vaccination au plus tôt. A noter que parmi les 26 foyers comptabilisés aux Pays–Bas, 2 sont des foyers concernant des élevages dont les animaux ont été vaccinés 7 jours avant la déclaration d’infection.

Le reste de l’Europe

Au-delà des pays ayant des foyers, c’est toute l’Europe qui s’est engagée dans la lutte contre la FA. Les abattages préventifs d’animaux français, irlandais, hollandais et britanniques sont réalisés dans tous les pays membres.
Comme indiqué dans le tableau 1, la circulation des animaux est un facteur de risque important. Donc, à partir du 8 mars 2001, le gel des mouvements des espèces sensibles sur tous les territoires européens est décidé. Il faut attendre le 16 mai 2001 pour que les restrictions sur la circulation des bovins soient entièrement levées, soit 2 mois et ½ après le début de la crise en France.


Le Bilan

L’impact de la maladie peut se mesurer sur 3 niveaux complémentaires :

- 1 -        L’abattage des animaux

Tableau 2, le nombre d’animaux abattus pour gérer la crise est colossal. Il est lié à l’importance de l’infection au Royaume-Uni et aggravé par le poids prépondérant des abattages préventifs.

Tableau 2 : nombre d’animaux abattus dans le cadre de la police sanitaire contre la FA.
Etat membre
Nombre de foyers
Nombre d’animaux
abattus
Dont animaux abattus
dans les foyers
Royaume-Uni (à la date du 28/08/2001)
1989
3 773 127
1 269 750
France
2
62 613
390
Pays-Bas
26
270 000
5 501
République d’Irlande
1
60 000
560


- 2 -        Les conséquences de l’embargo sur les produits et les animaux vivants

En plus du coût économique lié à la gestion des foyers, la FA pénalise les échanges commerciaux. Les produits issus de pays infectés doivent subir des traitements garantissant la destruction du virus. Les échanges d’animaux vivants sont sévèrement encadrés par des mesures de quarantaine, de dépistage sérologique et de surveillance clinique. Toutes les mesures permettant de donner des garanties aux pays se fournissant dans des zones infectées de FA sont disponibles auprès de l’Office International des Epizooties(OIE) et sont reconnues internationalement.

Malheureusement l’épizootie de 2001 aura vu, au nom du principe de précaution, certains pays aller au-delà des mesures recommandées par l’OIE. “Par précaution”, la liste des produits potentiellement infectés est augmentée, ainsi la Russie interdit l’importation à partir de la France de poissons, de volailles et même des produits laitiers traités pour inactiver un éventuel virus ; les zones potentiellement contaminées sont élargies : ainsi l’Argentine interdit l’importation de chocolat belge alors que la Belgique n’a jamais déclaré aucun foyer (l’Argentine en déclarera peu après). Dans un contexte de guerre économique, la FA devient un prétexte pour modifier les équilibres commerciaux.

La France même si elle dénombre deux foyers, limite l’impact sur ses exportations. En effet le véritable embargo sur les produits est restreint aux seuls départements accueillant une zone infectée au lieu de concerner tout le pays. Heureusement, car la mise en place de mesures de traitement des produits est coûteuse. Une enveloppe de 30 millions de francs fut débloquée par l’Etat pour indemniser partiellement ces deux départements sous embargo.

Bien évidemment les conséquences de la FA dépassent les seuls départements sous embargo : elles sont nationales. Pour la filière viande bovine, l’impossibilité de faire sortir les animaux maigres vers les clients traditionnels (Italie et Espagne) provoque une chute des cours du jeune bovin, dans un contexte déjà largement détérioré par la crise de l’ESB.
La filière porcine voit le cour du porc charcutier chuter sur le marché au cadran de Plévin. Les marchés asiatiques étant fermés, les productions de la F, du D et des P-B viennent surcharger le marché communautaire.

- 3 -        Les conséquences du gel du mouvement des espèces sensibles.

La gestion de la crise actuelle est responsable d’une nouvelle catégorie de coûts indirects : ceux liés à la limitation de circulation des animaux sur tout le territoire. Cette mesure, génère des contraintes économiques élargies, comme par exemple l’impossibilité pour les éleveurs de bovins allaitants de se procurer des taureaux pour la période de reproduction.. Dans le même ordre d’idée les autorités ont décidé d’étendre les mesures de restriction en périphérie des foyers (absence de mouvement, d’inséminations artificielles et mise en place de rotoluves) pour des zones autour d’exploitations à risque de FA. Ces coûts supplémentaires sont liés à une volonté d’aller au delà du dispositif de lutte de 1991 et n’ont pas à ce jour fait l’objet d’indemnisation.
Au final, d’après la mission d’information sénatoriale sur la lutte contre l’épizootie de FA, le coût total de l’épizootie s’élèverait à plus de 50 milliards de francs, dont 12 milliards de compensations seraient versées aux éleveurs au titre de la destruction de leur cheptel.


La vaccination

Le vaccin contre la FA existe et est très efficace. Si le virus circulant est suffisamment proche du virus vaccinal, le vaccin empêche le développement de symptômes. Toutefois, un animal vacciné peut excréter du virus après infection par une souche sauvage, excrétion certes inférieure à celle d’animaux n’ayant pas été vaccinés, mais elle n’en demeure pas moins réelle. A ce jour il n’existe pas de moyens opérationnels de différencier un animal infecté par le virus sauvage, d’un animal vacciné. Cet écueil pourra, à l’avenir, être évité par le développement de techniques sérologiques qui font cette distinction (des travaux sont en cours).
Il existe plusieurs moyens d’utiliser le vaccin dans la lutte contre la FA.

La vaccination permanente de tout ou partie du cheptel des espèces sensibles

La circulation du virus dans une population séropositive est ralentie, elle peut même être quasi nulle si 75 % de la population sensible est vaccinée. C’est ce type de vaccination que pratiquait la France jusqu’en 1991 en se limitant aux seuls bovins.
Néanmoins en zone indemne, les animaux vaccinés n’extériorisent pas la maladie et la détection du virus est de fait plus difficile. Ainsi si les bovins du premier foyer français avaient été vaccinés, la circulation du virus aurait tout de même eu lieu mais son objectivation aurait été plus tardive : dès infection d’un animal sensible non vacciné.
En 1991 la France vaccinait contre les virus français de la FA (vaccin à 3 valences). Une telle vaccination aujourd’hui nécessiterait l’utilisation d’un vaccin efficace contre tous les virus de la FA circulant dans le monde, soit 7 valences.

La vaccination en anneau autour des foyers

Ce dispositif a pour but de limiter la dispersion du virus à partir d’un foyer en protégeant les animaux dans un rayon de 2 à 10 Km. Mais ce type de vaccination n’empêche pas le déplacement du virus sur de plus longues distances par l’intermédiaire de véhicules, de mouvements de personnes ou d’animaux.
La vaccination complète le dispositif de police sanitaire dans une zone infectée, mais quel devenir pour les animaux vaccinés ? Ils peuvent être abattus rapidement comme cela s ‘est produit aux Pays-Bas, la vaccination ne fait alors que donner du temps pour mettre en place des mesures de police sanitaire strictes. Ou bien, les animaux peuvent continuer à produire après vaccination, mais dans ce cas faut-il réglementer leur circulation pour éviter une éventuelle contamination ultérieure en zone non vaccinée ? Quels marchés peut-on garantir aux produits issus de ces animaux dans un contexte de paranoïa tel que décrit ci-dessus ? .

La vaccination de populations rares

L’objectif de protection clinique est facilement atteint, l’impact sur la propagation du virus est nul car les effectifs concernés, par définition, sont limités. Les questions posées sur le devenir des animaux vaccinés et de leurs produits dans le cadre de la vaccination en anneau se posent ici également.
La question d’une possible forme de vaccination à l’avenir doit aussi être posée. Mais la réponse ne peut être qu’européenne, et l’utilisation de nouveaux vaccins doit nécessairement passer par une reconnaissance internationale scientifique et commerciale préalable.


L’action des G.D.S.

Fidèles à leurs missions, les GDS ont été très présents dans la crise que l’élevage français a traversé durant l’épisode aphteux de cette année.

Très présents au niveau national, dans un dialogue permanent avec les pouvoirs publics, pour suivre quotidiennement l’évolution de la situation, diffuser de l’information et faire remonter au Ministère de l’Agriculture les problèmes rencontrés sur le terrain.

Très présents aussi au niveau local, où les GDS, non contents d’informer les éleveurs ou de participer à des réunions, sont allés sur le terrain, là où c’était nécessaire, pour installer et entretenir les rotoluves ou pour procéder aux opérations de désinfection, par exemple.

Nous pensons ici aux GDS des départements ayant connu les 2 cas français ou ayant été inclus dans les zones de précaution ou de surveillance , mais aussi aux GDS des départements ayant connu des abattages préventifs et tous ceux qui ont conduit des actions d’information ou de sensibilisation. Aux dires de tous, ils ont été les partenaires indispensables à la réussite de la lutte.

Et le Fonds d’Indemnisation FA ? Conformément à la convention nationale signée par les GDS, il est intervenu pour soutenir financièrement les éleveurs qui se trouvaient bloqués autour des foyers confirmés de FA. Ce sont ainsi plus de 7 millions de Frs que la solidarité et le mutualisme des éleveurs adhérents aux GDS auront mobilisé à cet effet, conduisant l’Etat à dégager une enveloppe financière pour la Mayenne et l’Orne, et à prendre des engagements plus larges d’indemnisation des éleveurs autour des exploitations ayant connu des abattages préventifs.

Il est clair que, dix ans après l’arrêt de la vaccination contre la FA et la définition d’une nouvelle politique de lutte contre cette maladie, cet épisode aura permis de rappeler qu’il faut savoir rester vigilants, mais aussi savoir adapter les politiques définies aux évolutions et aux changements. Pour leur part, les GDS et leur Fédération Nationale, conscients de cette situation, ont commencé de travailler en interne pour élaborer des propositions en matière de surveillance ou d’intervention contre la FA et autres maladies absentes du territoire national, mais également pour faire évoluer le cadre du Fonds national d’indemnisations.
Lors de la dernière Assemblée Générale de la Fédération Nationale des GDS, le Ministre indiquait : “ Je veux donc ici solennellement rendre hommage, Monsieur le Président de la Fédération nationale, Messieurs les Présidents de GDS, à l’action permanente et efficace de vos organisations à laquelle doit beaucoup la qualité sanitaire du cheptel français, qui ne cesse de s’améliorer si j’en juge par l’incidence chaque année plus basse des maladies animales “ classiques ”. ” Vis-à-vis des pouvoirs publics, mais aussi et d’abord vis-à-vis des éleveurs, nous devons rester fidèle à ce devoir d’excellence.
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Source : FNGDSB

La lutte contre l'Úpizootie de fiÞvre aphteuse - Tome I : Rapport
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La lutte contre l'Úpizootie de fiÞvre aphteuse - Tome I : Rapport



Rapport d'information n? 405 (2000-2001) de MM. Philippe ARNAUD et Jean-Paul EMORINE, fait au nom de la commission des affaires Úconomiques, dÚposÚ le 21 juin 2001

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N° 405

SÉNAT

SESSION ORDINAIRE DE 2000-2001

Annexe au procès-verbal de la séance du 21 juin 2001

RAPPORT D'INFORMATION

FAIT

au nom de la commission des Affaires économiques et du Plan (1) par la mission d'information (2) sur la lutte contre l'épizootie de fièvre aphteuse,

Par M. Jean-Paul ÉMORINE,

Sénateur.

Tome I : Rapport

(1) Cette commission est composée de : MM. Jean François-Poncet, président ; Philippe François, Jean Huchon, Jean-François Le Grand, Jean-Paul Émorine, Jean-Marc Pastor, Pierre Lefebvre, vice-présidents ; Georges Berchet, Léon Fatous, Louis Moinard, Jean-Pierre Raffarin, secrétaires ; Louis Althapé, Pierre André, Philippe Arnaud, Mme Janine Bardou, MM. Bernard Barraux, Michel Bécot, Jacques Bellanger, Jean Besson, Jean Bizet, Marcel Bony, Jean Boyer, Mme Yolande Boyer, MM. Dominique Braye, Gérard César, Marcel-Pierre Cleach, Gérard Cornu, Roland Courteau, Charles de Cuttoli, Désiré Debavelaere, Gérard Delfau, Christian Demuynck, Marcel Deneux, Rodolphe Désiré, Michel Doublet, Paul Dubrule, Bernard Dussaut, Jean-Paul Emin, André Ferrand, Hilaire Flandre, Alain Gérard, François Gerbaud, Charles Ginésy, Serge Godard, Francis Grignon, Louis Grillot, Georges Gruillot, Mme Anne Heinis, MM. Pierre Hérisson, Rémi Herment, Bernard Joly, Alain Journet, Philippe Labeyrie, Gérard Larcher, Patrick Lassourd, Gérard Le Cam, André Lejeune, Guy Lemaire, Kléber Malécot, Louis Mercier, Aymeri de Montesquiou, Paul Natali, Jean Pépin, Daniel Percheron, Bernard Piras, Jean-Pierre Plancade, Ladislas Poniatowski, Paul Raoult, Jean-Marie Rausch, Charles Revet, Henri Revol, Roger Rinchet, Josselin de Rohan, Michel Souplet, Mme Odette Terrade, MM. Michel Teston, Pierre-Yvon Trémel, Jean-Pierre Vial.

(2) Cette mission d'information est composée de : MM. Philippe Arnaud, président ; Gérard César, Paul Raoult, vice-présidents ; Bernard Joly, Gérard Le Cam, secrétaires ; Dominique Braye, Mme Yolande Boyer, MM. Gérard Cornu, Roland Courteau, Michel Doublet, Jean-Paul Émorine, Louis Grillot, Louis Moinard, Bernard Piras.

Agriculture.

RÉSUMÉ DU RAPPORT
ET
CONCLUSIONS DE LA MISSION D'INFORMATION

I - CONSTAT

La fièvre aphteuse est une maladie animale sans conséquences sur la santé humaine, mais dont l'incidence est catastrophique, notamment sur les cheptels bovin, porcin ovin et caprin, du fait de son extrême contagiosité. Véhiculée par les échanges et favorisée par la fraude, elle est endémique dans la plupart des Etats du monde. Elle s'est manifestée récemment dans plusieurs pays qui en étaient indemnes depuis des dizaines d'années, à l'instar du Royaume-Uni.

Deux stratégies de lutte sont mises en oeuvre contre la fièvre aphteuse : d'une part, dans les zones où la fièvre aphteuse est endémique, une vaccination préventive des bovins (les porcins et les ovins ne sont pas vaccinés car leur durée de vie est trop courte et leur valeur économique trop modeste) qui, associée à des abattages ponctuels, permet d'éradiquer la maladie ; d'autre part, une fois la maladie éradiquée, une politique d'abattage du cheptel infecté exclusivement, si un foyer survient.

Par l'ampleur qu'elle a revêtue, -plus de trois millions d'animaux étant d'ores et déjà abattus-, l'épizootie britannique de fièvre aphteuse conduit les pouvoirs publics à s'interroger sur l'opportunité de revenir sur l'interdiction de la vaccination préventive décidée en 1990 au sein de l'Union européenne.

 L'ampleur respective de la crise en Grande-Bretagne et en France

Quatre mois après le début de l'épizootie britannique, nul ne connaît son origine exacte. En revanche, on sait que la Grande-Bretagne a subi plus de 1.700 foyers aphteux et abattu plus de 3 millions d'animaux. Le coût total de cette épizootie s'élèverait à plus de 50 milliards de francs, dont 12 milliards de compensations versées aux éleveurs au titre de la destruction de leur cheptel.

La France n'a, quant à elle, connu que deux foyers aphteux et a abattu près de 58.000 animaux en provenance ou en contact avec des animaux du Royaume-Uni ou des Pays-Bas. C'est l'abattage préventif des animaux ayant été au voisinage des bêtes importées qui a permis de juguler l'épizootie en France. Grâce à ces mesures, notre pays recouvrera le statut de zone indemne de fièvre aphteuse le 23 juin 2001.

 Les modalités de lutte contre la fièvre aphteuse entraînent de lourds préjudices

Les départements dans lesquels les foyers aphteux sont apparus ont vu leur activité économique totalement bloquée. Tous les secteurs économiques s'en sont ressentis, de l'agriculture au tourisme, en passant par les activités agroalimentaires. L'ensemble des autres départements français ont également subi les conséquences des mesures nationales d'interdiction de transport des animaux. En outre, certains secteurs, tels que ceux de l'abattage et de la production de fromage au lait cru ont subi de très graves préjudices, car ils ont été contraints de détruire leur production. Or, il s'avère que si les préjudices directs occasionnés par l'abattage des animaux ont été bien compensés, les préjudices indirects n'ont pas fait l'objet d'une compensation intégrale, voire même pour certains, d'aucune compensation.

 La problématique de la vaccination

La décision de vacciner le cheptel dans l'Union européenne relève de la compétence partagée de la Commission européenne et du Conseil des ministres. Ceux-ci ont décidé, en 1990, d'interdire la vaccination, considérant que la fièvre aphteuse était éradiquée du territoire européen. Depuis lors, il