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Divers

Publié le 06/06/2014

GDS: un peu d'histoire...


6 juin 1944 : du débarquement des troupes américaines à la création des GDS


Le 6 juin 1944 plus de 150.000 hommes débarquent sur les plages de Normandie. Mais au total c'est plus de 3 millions de soldats alliés principalement américains, britanniques et canadiens qui viennent libérer l'Europe du joug nazi dans les mois qui suivent. Pour l'approvisionnement en lait de ses troupes stationnées en France, le commandement américain n'arrive pas à obtenir d'assurance sur l'état sanitaire du cheptel français vis-à-vis de la tuberculose. Ce sont le Danemark et la Hollande qui assureront cet approvisionnement !

 
Mais la décision ne passe pas inaperçue. Pour les français, si fiers de leur Agriculture, c'est une sérieuse remise en cause. Le programme de lutte contre la tuberculose, mis en place par la Loi du 7 juillet 1933 montre ses limites. Cette Loi encadre et apporte des aides pour l'éradication de la tuberculose. Quelques éleveurs appliquent alors les préconisations pour se débarrasser de la maladie : dépistage par tuberculination et abattage des animaux infectés. Au final l'assainissement fonctionne chez les volontaires, mais les troupeaux se re-contaminent. La situation stagne et très vite, la conclusion s'impose : seule une action sanitaire collective permettra d'assainir les troupeaux et de préserver les acquis à long terme.
 
C'est pourquoi au lendemain de la libération, le Syndicalisme Agricole, la Mutualité Sociale Agricole et les Services Vétérinaires réfléchissent à de nouvelles formes d'organisation afin de rendre la lutte contre la tuberculose efficace. L'idée d'associer et d'impliquer activement les éleveurs dans les opérations de prophylaxie fait peu à peu son chemin.
 
C'est dans ce contexte, que le 13 janvier 1951, grâce à la volonté d'un agriculteur Monsieur Louis Rondeau, que naît en Vendée le premier Groupement de Défense Sanitaire (GDS). Les éleveurs vendéens, appuyés par les services vétérinaires, se donnent pour objectif de vaincre la tuberculose en mobilisant toutes les énergies. Grâce à l'appui du syndicalisme, en particulier Monsieur Félicien Pateau, président de la F.S.E.A de Vendée et qui deviendra en 1954 le premier président de la Fédération Nationale des GDS, le mouvement fait tâche d'huile. En septembre 1952, on compte déjà 24 groupement communaux similaires en Vendée auxquels adhérent éleveurs et vétérinaires avec une volonté commune de se débarrasser une bonne fois pour toute de cette maladie. Le 20 février 1951, une circulaire du Ministre de l’Agriculture, Monsieur Pierre Pfimlin, encourage le mouvement : constatant que « la prophylaxie de la tuberculose des bovidés n’a(vait) pas donné les résultats attendus », mais que dans certains départements, l’intervention des Mutuelles contre la mortalité du bétail avait fait la preuve que l’intervention à forme collective était susceptible de conduire à une meilleure efficacité. Il invitait par conséquent les Directeurs des services vétérinaires (DSV) à favoriser la création de Groupements de Défense Sanitaire (GDS) et à organiser une prophylaxie collective. En Rhône-Alpes, c'est à la même époque, le 10 septembre 1952 qu'est fondé le premier GDS dans le département de l'Ain.
 
Le président fondateur du GDS de Vendée, Monsieur Antoine Guitton, qui fédère les groupement communaux est élu député le 17 juin 1951. Il agira alors à l'Assemblée Nationale pour faire évoluer la réglementation sanitaire afin de donner un cadre cohérent à la participation des éleveurs aux opérations de prophylaxie. Son action permettra l'adoption de la Loi du 6 décembre 1954 qui précise que les opérations de prophylaxie de la tuberculose bovine seront conduites « dans le cadre d’actions à caractère collectif entreprises avec la collaboration d’organismes de défense sanitaire dont les statuts auront été approuvés par le Ministre de l’Agriculture » et qui réserve les aides de l'Etat à l'assainissement aux seuls agriculteurs adhérents à ces organismes. Ce qui revenait à reconnaître le rôle crucial des GDS dans la bonne réalisation de la prophylaxie de la tuberculose bovine. Pour être reconnus par les pouvoirs publics, les GDS doivent alors mobiliser au moins 60 % des éleveurs ou les éleveurs représentant au moins 60 % des animaux.
 
Ainsi, cette loi consacre le principe de l’action collective et constitue l’acte de naissance des Groupements de Défense Sanitaire. Pour la première fois, la Puissance Publique associe étroitement les éleveurs à la conception des actions de prophylaxie qu’elle organise, dirige et encourage financièrement. Au cours des décennies qui suivront, les autres programmes de prophylaxie s’appuieront tous sur ce premier schéma qui sera couronné de succès.
 
L'éradication des principales maladies contagieuses de l'élevage, la mondialisation des échanges avec l'apparition de dangers sanitaires dont l'origine est extérieure, et la nécessité d'associer l'ensemble des composantes de la société civile à la définition de la réglementation relative à la production agricole conduiront en 2009 à des Etats Généraux du sanitaires. Le 22 juillet 2011, une nouvelle gouvernance sanitaire est instaurée par ordonnance présidentielle, tournant cette page de l'histoire de la lutte contre les maladies. Depuis le 31 mars 2014, les GDS sont reconnus OVS pour le domaine animal à l'échelon régional.
 
MD
d'après (entre autre) :
- GDMA85 : 50 années de mutualisme et de solidarité.
- Bénet  J.-J., Boschiroli M.-L., Dufour B., Garin-Bastuji B. : Lutte contre la tuberculose bovine en France de 1954 à 2004 : Analyse de la pertinence épidémiologique de l’évolution de la réglementation.
- Cassagne M.-H.: La participation des éleveurs au contrôle des épizooties dans les pays développés : l’exemple de la France.

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