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Divers

Publié le 10/02/2014

Ecornage: sécurité et bien-être

L’écornage des bovins et des caprins est réalisé en priorité pour la sécurité des animaux, des éleveurs et de toutes les personnes amenées à les côtoyer. L'augmentation de la taille des troupeaux, l’utilisation des stabulations libres ou des cornadis sont autant de facteurs de risques qui poussent les éleveurs à pratiquer l’écornage.

L'agressivité diminue pour les animaux sans cornes : ils deviennent moins dangereux pour eux-mêmes au cornadis, entre eux en stabulation libre, et vis à vis de l'homme
Ecorner les animaux jeunes présente de nombreux avantages

L’âge est un critère essentiel dans le choix de la méthode utilisée pour l’écornage. Sur les veaux, il est indispensable de réaliser l’écornage avant 6 semaines et 3 semaines pour les chevreaux. Passé ce seuil, il faut attendre l’âge adulte pour que la corne ait réellement poussée.

Intervenir peu après la naissance présente de nombreux avantages, mais nécessite de prévoir plusieurs chantiers répartis tout au long des vêlages.

L’écornage tardif permet de ne pas avoir à regrouper les animaux jeunes pour les écorner quand ils sont sur les pâtures et d’attendre leur rentrée en bâtiment. Cela permet aussi d’utiliser les cornes pour attraper ou attacher les animaux jeunes.

Dans tous les cas, la contention de l'animal est un point clé dans la réalisation de l'écornage.

Cadre légal
Depuis le 1er  janvier 2007, les recommandations de l’Union Européenne sont rendues obligatoires dans le cadre de la conditionnalité des aides.
L’écornage sur bovin de plus de quatre semaines d’âge doit être effectué sous anesthésie locale ou générale par un vétérinaire ou une personne qualifiée conformément à la législation nationale, afin de limiter la douleur des animaux écornés.
Un anesthésique local peut-être délivré à l’éleveur sur ordonnance après que son utilisation ai été établi dans le cadre du protocole de soins réalisé par le vétérinaire traitant  à l’issue du bilan sanitaire annuel de l’exploitation. La mise en œuvre de l’anesthésie locale ou de l’analgésie des animaux relève de la responsabilité de l’éleveur selon les instructions communiquées par son vétérinaire dans le protocole de soin et sur l’ordonnance.
Pour l’écornage chimique, quel que soit l’âge du veau, une administration d’anti-inflammatoires non stéroïdiens est nécessaire pour gérer la douleur.

Préparation du chantier d’écornage : une bonne contention est indispensable pour prévenir tout risque de blessure aussi bien pour l’animal que pour l’intervenant

La préparation du chantier est aussi importante que l'acte lui-même. En effet, un écornage réussi nécessite que l'animal soit bien tenu. Une cage de contention idéalement équipée d'un système anti-recul et d'un maintien de la tête de l'animal en position haute, permet d'écorner sans risque pour l'homme, et sans risque de blessure pour l'animal.

Si l'immobilisation est assurée au moyen d'un cornadis, un dispositif approprié est nécessaire pour  permettre la libération de la tête de l'animal au cas où il se couche pendant l'opération.

Point à ne pas oublier, la tonte de la zone à écorner qui va permettre de visualiser dès le premier jour de vie, le bourgeon cornual. De plus, la tonte va limiter la présence de poils qui peuvent être à l’origine de la contamination de la plaie engendrée par l’écornage

Une bonne contention permet d’écorner rapidement et sans souffrance les veaux. Retrouvez l'ensemble des recommandations pour l'utilisation en toute sécurité, confort et bien-être du matériel pour l'écornage sur Agrodirect.
 
Ecornage chimique : attention à bien gérer les suites

Le crayon caustique ou la pâte à écorner sont les deux solutions chimiques qui existent. Dans les deux cas, l’application se fait localement, une fine couche de produit est à mettre sur le cornillon et sur les 3cm en périphérie. Pour assurer une bonne escarre, le veau doit se trouver dans un bâtiment bien ventilé afin que le séchage se passe dans de bonnes conditions d’hygiènes. Entre 15 et 20 jours après, l’escarre tombe.

Les intérêts pratiques de l'écornage chimique sont faibles, de par la longueur d'action et la dangerosité du produit pour les parties non protégées de l'animal. L'action de la soude caustique entraîne des démangeaisons, conduisant les veaux à se frotter contre leur mère et leurs congénères. De plus, ces solutions présentent des risques pour l’applicateur en raison des matières utilisées.

Ecornage Thermique : les écorneurs modernes permettent d’atteindre quasi-instantanément la température de 650 à 700°C nécessaire à la cauthérisation des vaisseaux du cornillon en 10 secondes

Dans l’écornage thermique, c’est la chaleur qui assure la cautérisation des vaisseaux sanguins qui alimentent le cornillon. Cette méthode ne nécessite pas d’attendre le développement de la corne. Au contraire, plus le veau est écorné jeune et plus les veines sont superficielles. Il suffit de 10 secondes entre 650°C-750°C pour que l’action soit efficace. Cette technique va de pair avec l'utilisation d'une tondeuse.

Un écornage thermique doit être effectué avant six semaines. Au-delà, l’opération devient trop traumatique.

Il existe deux types d’écorneurs thermiques : soit électrique, soit à gaz.

Les écorneurs électriques fonctionnent sur batterie rechargeable ce qui permet d’intervenir n’importe où en toute autonomie. En général, c’est une tête céramique chauffée qui permet de cautériser les veines du cornillon. Pour l'électrique, c'est une résistance qui va permettre une montée en température quasi-instantanée autour de 700°. Il suffit alors de s'assurer que la cautérisation a bien été effectuée autour du cornillon.

Les écorneurs à gaz fonctionnent selon le même principe, un préchauffage de l’embout est réalisé (2 à 3min après l’allumage à froid) puis on applique 10 secondes contre le cornillon du veau.
 Après un écornage thermique ne pas oublier de désinfecter avec un produit adapté la plaie de cautérisation

 Pour l’écornage des adultes il est recommandé d’utiliser une écorneuse guillotine hydrolique et de faire appel à un professionnel

Ecorner un animal adulte est toujours délicat. L’utilisation d’une écorneuse hydraulique permet une coupure nette et rapide de la corne de l'animal et limite le traumatisme pour l’animal. Outre les difficultés de contentions d’un gros bovin, l'écornage des adultes entraîne un stress pour l'animal, car la corne est  vascularisée (c’est-à-dire irriguée par le sang) et innervée : l’opération si elle dure est douloureuse. Il est d'ailleurs aussi indispensable prévenir une hémorragie par la pose d’un garrot au moyen d'un élastique ; le garrot vient bloquer le flux du sang qui irrigue l'os des cornes.
 
 
Pour l’écornage des animaux adultes il est recommandé d’utiliser du matériel adapté et faire appel à des professionnels
 
 Désinfection et hygiène indispensables
 
La pulvérisation d'un spray désinfectant présente deux objectifs : éviter les infections par l'action désinfectante et limiter l'inflammation locale par l'action refroidissante du spray. Pour une cicatrisation dans les meilleures conditions, le respect des mesures sanitaires de base : propreté, ventilation des bâtiments d'élevage est indispensable.

MR, NJC, MN

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